2. Méthode “diagnostic partagé”

La condition de la réussite, c’est que le maximum d’usagers du quartier s’implique, à un degré ou un autre dans le projet. Q’une information de qualité soit largement partagée. Que la diversité de l’expertise (notamment des usages) soit reconnue. Que les projets soient conçus et portés par les acteurs eux-mêmes. Que les règles du jeu de la concertation soient clairement établies.

Les trois temps du « diagnostic partagé »

Le diagnostic partagé se déroule en trois temps :

(1) Une séance collective (17 juin 2008). Elle permettra, à un 70-80 d’entre nous, d’exprimer nos attentes individuelles et collectives et de proposer des pistes d’actions.

(2) Deux séries d’ateliers thématiques (septembre-octobre 2008). Ils seront l’occasion de travailler en groupe afin de dessiner les contours d’actions possibles.

(3) Le débat public (novembre 2008). Il restituera les perceptions des ateliers, proposera des chantiers et des méthodes pour mieux travailler ensemble.

La séance collective du 17 juin

Cette séance collective est prévue le mardi 17 juin de 16h00 à 19h00. Inscription préalable obligatoire, pour des raisons de sécurité.

C’est la première rencontre de ceux et de celles qui ont souhaité participer au “diagnostic partagé”. Les quelques 70-80 participants travailleront en six groupes, d’une douzaine de personnes chacun, avec pour objectif d’identifier les thèmes de réflexion et d’action des deux séries d’ateliers de travail qui se dérouleront entre septembre et octobre 2008 (2ème temps du diagnostic) et qui déboucheront sur le débat public (3ème temps).

La séance collective est organisée autour de six questions qui sont autant de leviers de changement dans notre projet.

Les six questions du 17 juin

1. Quelles actions concrètes mener ensemble pour faire de PRG un quartier durable, s’appuyant sur la préservation des ressources naturelles ?

Chacun est chaque jour plus conscient des graves menaces et pressions écologiques sur la planète. Chacun souhaite concilier la qualité environnementale, le progrès social et le développement économique. Mais comment initier, accompagner et encourager des changements de comportement à l’échelle de notre quartier ? Comment agir ensemble pour réduire les impacts environnementaux ?

Des expérimentations innovantes sont en cours dans certaines entreprises publiques et privées : bilan carboneTM, recherches d’économies d’énergie et d’énergies alternatives, gestion mutualisée des déchets, mise en commun des livraisons, développement des transports fluviaux (les trois ports : Austerlitz, la Gare, Tolbiac), plans de déplacements d’entreprises (PDE), bâtiments de haute qualité environnementale (HQE), management environnemental, etc. Mais elles ne sont pas coordonnées et peu évaluées. D’autres expériences sont menées par des associations et des habitants : transports alternatifs (Agence locale de la mobilité), récupération des eaux pluviales, etc. Mais elles sont souvent confidentielles. De son côté, la Ville de Paris gère de façon de plus en plus écologique, les espaces verts, les arbres d’alignement, l’éclairage public, le stationnement, la voirie, etc. Comment mutualiser ces expériences, comment en initier de nouvelles pratiques de consommation, de transports,etc. qui mobilisent les différents types d’usagers ?

2. Comment améliorer la qualité de vie de chacun et de tous les usagers du quartier à travers l’approche des temps ?

Dans un quartier neuf et d’avenir comme le nôtre, les mutations à l’œuvre dans toute la société sont des défis au quotidien : rythmes de travail, pratiques de déplacement, temps de loisirs, horaires d’ouverture des services et des commerces, parcours individuel « zigzagant » tout au long de la journée, etc.

Comment mieux articuler, à l’échelle du quartier, les temps de vie personnelle, professionnelle et citoyenne ? Comment étaler la pointe du matin et du soir dans les transports ? Quels sont les salariés à horaires atypiques et comment prendre en compte leur situation ? Comment, par exemple, développer des « bouquets de services » (publics et privés) ? Comment améliorer l’accessibilité aux services - en particulier pour les personnes handicapées ? Comment aborder les conflits d’usage - , par exemple, le soir, la nuit entre ceux qui travaillent, ceux qui s’amusent et ceux qui dorment ? Et comment, chemin faisant, réduire les inégalités entre hommes et femmes ?

3. Comment améliorer notre “vivre ensemble” dans le quartier ?

Les usagers du quartier se croisent sans se rencontrer. Chacun déplore l’absence de vie collective dans Paris-Rive-Gauche. Quelques initiatives ont déjà été prises par les habitants et les associations de quartier. Mais de nombreux gisements de richesse restent inexploités. Elles sont infinies les sociabilités que nous pouvons construire avec les habitants, les salariés, les étudiants et les visiteurs du monde entier.

Comment tirer profit de ce potentiel pour mieux vivre ensemble ? Comment valoriser et développer les actions déjà existantes ? Quelles activités nouvelles imaginer avec la variété des usagers du quartier - sur les plans culturels, des sports et des loisirs ? Pourquoi ne pas partager des locaux publics et privés sous-utilisés le soir ou en week-end ? Et, au-delà, concevoir les temps et des espaces de partage, de dialogue, d’information et de compréhension réciproques pour construire de nouvelles solidarités ?

4. Comment se relier aux autres personnes, aux autres espaces, aux autres cultures ?

Notre quartier est dans le monde, le monde est dans notre quartier. Nous sommes reliés au monde proche (les autres quartiers, l’Ile de France, la province), au monde moins proche (l’Europe et le reste de la planète). Nous accueillons, chaque année, des millions de visiteurs (BnF, grandes enseignes, cinémas), des salariés qui habitent hors du quartier, des visiteurs, des étudiants étrangers, des amis. Nos entreprises et l’Université échangent avec tous les pays du monde (tout particulièrement avec l’Asie). Nos loisirs, nos rencontres, notre curiosité culturelle, notre travail, notre alimentation, notre consommation, nos choix de solidarité, nous relient au monde. Comment vivre, construire et développer des liens entre notre quartier, les périphéries, les campagnes, les autres pays européens, le monde ? Comment s’affranchir des frontières ?

5. Quel quartier voulons-nous à l’horizon de 20 ans ?

40% du programme immobilier reste à construire. 50.000 habitants à accueillir. De nouvelles entreprises. De nouveaux logements. De nouveaux services. Dans 20 ans, le quart ou la moitié des habitants auront été renouvelés. Cinq générations d’étudiants se seront succédées. Beaucoup d’emplois actuels auront disparu, remplacés par d’autres qu’on a encore peine à imaginer. Où en sera-t-on en termes d’environnement ? D’égalité ? De lien social ?

Allons-nous subir ces mutations ou, au contraire, les anticiper afin de les maîtriser ? Quelle est notre coresponsabilité pour ces 20 ans à venir ? Quelles sont nos exigences aujourd’hui ? Quelles sont les marges de manoeuvre possibles ? Que voulons nous éviter ? Qu’avons nous envie de faire ?

6. Comment agir ensemble ?

Nous sommes tous prêts à agir ensemble. Nous avons des atouts exceptionnels : économiques (entreprises) culturels (Bibliothèque nationale de France, MK2), universitaires (Université Paris Diderot), commerciaux (grandes surfaces), mais aussi des atouts en ressources humaines - une volonté de construire ensemble, une expertise citoyenne.

Mais comment faire concrètement ? Comment s’organiser alors que nous avons des rythmes, des contraintes différentes ? Comment agir ensemble et suivre dans la durée les évolutions ? Comment faire émerger une dynamique collective, qui enrichisse chacun et soit porteuse de changement ? Quelles sont les ressources pour comprendre ? Les moyens à partager pour agir ? Qu’est ce qu’être un citoyen actif sur le quartier ? Comment penser une démarche locale dans une perspective de développement durable du quartier ?

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